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la dépêche du 23 mai 1835, et qui tendent : — 1° à réduire le solde de l’indemnité à 45 millions de francs ; — 2° à payer cette somme en 45 ans, en se réservant de la payer plus tôt si les ressources du pays en donnent la possibilité ; — 3° à régler ce payement par une convention financière ; — 4° à obtenir un traité d’amitié et de commerce sur le pied respectif de la nation la plus favorisée, pour régler les rapports politiques entre les deux pays.

Mais, Président, si, contre l’attente du Sénat et l’espoir que le gouvernement français sera guidé par le sentiment d’une honorable politique, des prétentions ou des exigences inadmissibles venaient à surgir de ces négociations, et qu’il fallût repousser une injuste agression, le devoir du gouvernement haïtien ne saurait être douteux ; et, en mettant notre confiance dans la justice de l’éternelle Providence qui a su nous inspirer des sentimens assez généreux pour entreprendre l’œuvre de la réhabilitation de notre race et de notre émancipation nationale, nous nous abandonnerions encore flux chances d’une lutte glorieuse où les Haïtiens, quoique désireux de la paix, retrouveraient la puissante énergie qui les fit vaincre pour vivre libres et indépendans,

» Au surplus, Président, le Sénat aime à se reposer sur la haute prudence et la sagesse que V. E. a toujours déployées dans le cours glorieux de son administration, pour défendre les intérêts et l’honneur du peuple qui lui a confié ses destinées ; et, en transmettant à V. E les documens qu’il avait reçus en communication, le Sénat vous renouvelle l’assurance, Président, que vous le trouverez constamment disposé à marcher en harmonie avec vous.

» Le Sénat a l’honneur, etc. — Signé : N. Viallet, président ; Pierre André et B. Ardouin, secrétaires ; G. Georges,