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Par suite de celle rendue sur la responsabilité des fonctionnaires de l’administration des finances, le secrétaire d’Etat ordonna la vérification de toutes les caisses publiques ; et cette mesure dut se répéter à l’avenir tous les trois mois, par une commission formée d’autres fonctionnaires et des membres des conseils des notables. Le Président lui-même publia un règlement sur l’administration des douanes, pour y mettre plus d’ordre et de régularité dans les opérations de cette partie essentielle du service public.

De nouvelles difficultés survenant incessamment dans la partie de l’Est, à l’occasion de la loi rendue le 8 juillet 1824 sur les propriétés de cette partie, principalement dans les campagnes ; et Boyer ne voulant pas renoncer aux idées qui avaient présidé au vote de cette loi, dans un but fiscal pour réunir au domaine public beaucoup de terres, il se vit néanmoins forcé de rendre une proclamation, le 11 août, par laquelle il accordait aux propriétaires ou usufruitiers un délai indéfini pour exécuter les dispositions de cette loi, lesquelles exigeaient l’arpentage coûteux des terrains possédés par eux. Vainement il expliqua la nécessité de les borner, à l’instar des propriétés rurales de la partie occidentale de la République : les habitans de l’Est ne purent être convaincus, et les choses continuèrent ainsi.

Au mois de juillet, les citoyens du Port-au-Prince, sur l’invitation de l’un d’entre eux, M. P. Jeanton, formèrent une « société contre l’incendie, » avec l’autorisation du gouvernement, et firent venir de Paris des pompes à feu dans ce but. La cotisation volontaire se fit avec facilité et un zèle louable ; mais, malheureusement, on s’était adressé à un fabricant de pompes d’un nouveau système qui ne réussit pas au gré des sociétaires, et leur entreprise ne subsista pas longtemps.