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leur usage personnel. L’avis du secrétaire d’État prévint que dorénavant tous les consuls, sans distinction, ne pourraient jouir d’aucune faveur à cet égard. Presque en même temps, le Président adressait aux commandans d’arrondissement une circulaire pour leur enjoindre d’exercer une police sévère dans les ports ouverts, afin d’empêcher la contrebande, principalement dans le transbordement frauduleux qui s’opérait de nuit, de marchandises étrangères que recevaient ainsi les caboteurs du pays,[1].

Le 14 avril, la session législative fut ouverte par le Président d’Haïti. Il prononça le discours d’usage, en annonçant à la Chambre des communes des projets de lois sur divers objets, notamment sur le mode à observer dans l’élection des représentans. « Telles sont, en partie, les améliorations réclamées par le bien public, et pour lesquelles je crois pouvoir compter, de votre part, sur un franc et loyal concours. » Il entretint la Chambre des mesures prises pour assurer le progrès de l’agriculture, de l’industrie, et pour garantir à l’État l’intégrité de ses revenus. Un paragraphe de ce discours fit allusion aux rapports de la République avec la France, « qui étaient dans le même état d’incertitude ; » mais en disant que les relations commerciales avec ce pays continuaient toujours et seraient constamment protégées. « Le gouvernement ne déviera jamais de la voie que l’honneur prescrit : la loyauté, la bonne foi et la fermeté caractériseront toujours ses actes. »

Milscent, élu président, répondit au nom de la Chambre

  1. « Les négocians veulent toujours que leur intérêt particulier soit la regle de l’État, et ne connaissent du bien public que leur gain. » — Mémoires du duc de Saint-Simon.

    Que de plaintes injustes les commerçant, etrangers et nationaux, n’ont-ils pas formulées contre Boyer ! En 1834, la contrebande était pratiquée sur une large échelle, au Port-au-Prince même : qui la faisait au detriment du fisc ?…