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titution même, n’exigeait-elle pas des « garanties » contre l’esprit d’intolérance trop souvent montré par les ministres d’une religion aspirant à être « celle de l’État ? » Les querelles de Pie VII avec l’empereur Napoléon, en dépit du concordat de 1802, avertissaient qu’il fallait se tenir en garde avec la cour de Rome, qui ne renonce jamais à des idées d’envahissement sur l’autorité temporelle, quand elle le peut[1].

Tels furent les motifs de Boyer pour insister dans celles qu’il jugeait utiles pour son pays. — Nous parlerons plus tard de l’apparition d’un nouveau légat envoyé encore par Grégoire XVI, et de ce qui fut convenu entre lui et le gouvernement, mais qui resta, malheureusement aussi, à l’état de simple projet.


En mars de cette année, le secrétaire d’État publia deux avis : l’un pour rappeler aux administrateurs de finances et aux directeurs de douanes, les dispositions de la loi sur cette administration, concernant les fraudes que tentaient toujours les commerçans, et auxquelles connivaient trop souvent, il faut le dire, certains directeurs ou leurs employés ; l’autre, pour faire cesser un abus aussi préjudiciable au fisc. Depuis l’établissement des consulats, l’administration avait d’abord permis aux consuls généraux de France et d’Angleterre, d’introduire, sans payer les droits, des choses à leur usage personnel. Insensiblement, les autres agents consulaires, tous négocians cosignataires, obtinrent aussi la même faveur pour de menus objets ; mais ils finirent par vouloir importer des marchandises, du vin surtout, en grande quantité, en prétendant que c’était pour

  1. Voyez tout ce que rapporte M. Thiers à ce sujet, dans son Histoire du Consulat et de l’Empire.