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ministré le département de l’Ouest ; un simple évêché aurait été établi à Santo-Domingo, et les deux autres aux Cayes et au Cap-Haïtien. La population de l’île était assez considérable pour ces créations, et les distances assez grandes pour les nécessiter[1]. Des séminaires auraient pu être fondés dans chacun de ces chefs-lieux de département, sinon de suite, du moins avec le temps, afin d’y placer de jeunes Haïtiens.

Au mot de « concordat semblable à celui de 1802, » proféré par les fonctionnaires haïtiens, le légat déclara qu’il n’en était nullement besoin ; que le Pape, étant le chef de l’Eglise universelle, pouvait et devait régler les affaires de celle d’Haïti sans le concours de l’autorité temporelle ; et que, quant à présent, le Saint-Père eût désiré n’établir à Haïti qu’un ou des évêques in partibus, vicaires apostoliques. Mais, sur la déclaration formelle des fonctionnaires, qu’il n’en serait pas admis, puisqu’il existait un siége diocésien dont la juridiction avait été étendue sur toute la République par Léon XII, et que ce siège devait être occupé ; qu’il ne suffisait pas aux besoins de la religion catholique, puisque l’archevêque Pedro Valera avait dû nommer des vicaires généraux dans plusieurs départemens : le légat consentit alors. Il fit des objections sur la translation de l’archevêché de Santo-Domingo à Pétion, à laquelle il ne pouvait déférer, parce que ce serait une décision « sans précédent : » toutefois, il espéra que le Saint-Père ferait « cette concession, » si le Président d’Haïti la lui demandait particulièrement. Au projet de concordat présenté par les fonctionnaires, il opposa, dans d’autres séances, un contre-projet qui ne contenait que des articles réglementaires. Il

  1. L’évêque England nous fit l’aveu que dans tout son diocèse de Charleston, il y avait à peine 12 mille âmes catholiques.