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ges dans ses transactions avec les autres nations commerçantes qui lui apportent les marchandises qu’il ne fabrique pas et dont il a besoin. Indépendamment de ces réflexions qu’ils devaient faire dans l’état des choses, les idées qui venaient de l’étranger n’étaient propres qu’à stimuler le zèle de nos gouvernans à cet égard.

À l’étranger, on nous reprochait sans cesse l’espèce d’abandon où le gouvernement semblait laisser l’agriculture du pays, parce qu’on ignorait la véritable constitution du système y relatif, ou qu’on jugeait d’après l’ancien régime colonial et d’après ce qui passe dans les autres Antilles. Les défenseurs de notre indépendance, plus bienveillans que ceux-là, attribuaient le dépérissement des cultures au retard mis par la France à la reconnaître, ce qui contraignait notre gouvernement à maintenir sur pied une armée considérable et disproportionnée à notre population, armée qui, selon eux, pourrait être mieux employée dans les travaux agricoles, si nos craintes cessaient pour notre existence politique.

Eh bien ! en présence de toutes ces idées conçues à l’intérieur et à l’étranger, n’est-il pas convenable d’examiner le système adopté par le code rural et ses principales dispositions ? On appréciera mieux les résultats qu’il a produits.

La loi numéro 6 de ce code organisa la police rurale sous l’autorité principale des commandans militaires d’arrondissement, secondés des commandans militaires de communes, ceux-ci surveillant l’action d’officiers militaires assistés de gardes-champêtres dans les sections rurales, employant aussi la gendarmerie, et, au besoin, des détachemens de troupes de ligne, afin d’activer les cultures, de mettre de l’ordre et de l’assiduité dans les travaux, de faire