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devoirs de ceux auxquels ils confient leur salut, inspirés par cette vérité, objet de notre culte, nous avons exprimé, avec l’indépendance du républicanisme le plus pur, des vœux :

« Pour que le mode électoral fût composé d’élémens qui pussent à la fois garantir l’indépendance des votes et entretenir le feu sacré des principes ; — pour que le recrutement et le renouvellement progressif de l’armée fussent l’objet d’une loi libérale ; pour que la solde des militaires fût améliorée, et que le sort des vétérans de la gloire nationale fût fixé ; — pour qu’un système d’ordre régulier s’introduisît dans nos finances, et que la fortune particulière, s’asseyant sur des bases réelles, assurât la fortune publique ; — pour que le budget vînt centraliser la marche de l’administration publique, réprimer les désordres de la spoliation et faire tourner l’impôt au plus grand avantage des contribuables ; — pour que l’éducation, ce véhicule de la civilisation, prît une physionomie nationale, à l’aide des encouragemens qu’elle sollicite ; — pour que les nobles pensées de liberté et d’indépendance fussent appréciées ; — pour que l’agriculture, cette base réelle de la puissance des Etats, fût vivifiée par des institutions formées par l’esprit de liberté et de bon ordre ; — pour que le commerce prît un nouvel essor et animât l’industrie ; — pour que le pouvoir judiciaire jouît de sa pleine indépendance ; — pour que l’interprétation ne transportât pas l’anarchie dans les lois.

» Nous avons plus fait, nous avons porté nos regards dans l’avenir ; nous avons invité Haïti à le conquérir, en revisant sa constitution. Nous avons honoré la mémoire du grand Haïtien (Pétion). Notre sollicitude a souvent embrassé la situation du pays à l’égard du dehors et de la dette de l’Etat.