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chaque arrondissement financier, afin de centraliser ce service ; la seconde, prorogeant au 31 décembre 1833 les exemptions prescrites l’année précédente en faveur des victimes de l’ouragan qui sévit sur le département du Sud ; la dernière, « sur les patentes pour 1833, » dispensant également ceux des habitans du Port-au-Prince qui venaient de subir la perte de leurs propriétés dans l’affreux incendie du 8 juillet. Il ne fallut, pour ainsi dire, presque pas de discussion pour le voté de ces lois dont l’urgence était reconnue.

Dans la loi sur les patentes, la Chambre des communes constata « le retard » qu’avait mis le secrétaire d’État à lui présenter les comptes généraux de 1831 pour être examinés. Le fait est, que ce retard provenait de ce que, M. Imbert étant malade, son remplaçant avait pris le service dans un moment où il lui était impossible de les apurer lui-même assez à temps. Mais M. Nau compensa cet inconvénient, en prenant une initiative louable, par la publicité qu’il donna l’année suivante de sa gestion des finances, en comparant l’exercice de 1831 à celui de 1832. On n’en avait jamais eu l’idée auparavant, ni de la forme que M. Nau donna à cette reddition de comptes généraux, dont la clarté ne laissait rien à désirer.

Il est vrai que la Chambre des communes, en terminant sa session le 10 juillet, adressa au Sénat un message par lequel elle appelait son attention sur la nécessité de voter « le budget annuel des dépenses, » de la même manière qu’il avait été fait en 1817, c’est-à-dire, qu’il serait dressé par le secrétaire d’État, pour être soumis d’abord à la Chambre qui le voterait selon qu’il y aurait lieu. Mais le Sénat, par son message en réponse, revendiqua les dispositions de l’art. 126 de la constitution, en disant « qu’il