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clamation 5 le janvier 1832, pour inviter les électeurs à renouveler intégralement la Chambre des représentans des communes. Cette fois, il leur disait :

« Les électeurs se pénétreront de l’importance du mandat qui leur est confié par la loi fondamentale. Dans l’intérêt du bien public, ils sentiront la nécessité de ne faire tomber leur choix que sur des citoyens vertueux, distingués par leur patriotisme et leurs lumières. Une représentation ainsi composée saura apprécier les améliorations réclamées par le véritable intérêt national, et coopérera efficacement aux mesures législatives tendant au bonheur et à la gloire de la patrie. »

Ainsi, le mot amélioration qui a produit tant d’effets en Haïti, qui a été pour ainsi dire le pivot de toutes les aspirations de l’Opposition, qui lui a servi de véhicule pour renverser Boyer du pouvoir ; ce mot qui exprime l’idée de « progrès vers le bien, de meilleur état, » a été employé par Boyer lui-même, avec d’autres termes qui donnaient toutes les espérances imaginables de le voir entrer avec résolution dans cette voie, selon que le jugeraient convenable, et l’opinion publique et surtout la Chambre des communes. Toute la question soulevée par ce mot devait consister désormais entre lui et elle, à savoir ce que « réclamait le véritable intérêt national. » Aussi verra-t-on bientôt que la nouvelle législature prit la chose au sérieux, en posant les bases d’un programme que la Chambre des communes devait développer successivement.

Quatre jours après la proclamation ci-dessus, une autre fut publiée. Le Président, « considérant que tout citoyen doit ses services à la patrie, toutes les fois qu’il est appelé à la défendre, et que dans les circonstances présentes, le gouvernement croit nécessaire d’appeler sous