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sante nation ; du langage qu’avaient toujours tenu, par rapport à Haïti, les hommes qui se trouvaient maintenant au pouvoir. Il dit du cabinet français sous Charles X : « Si ce gouvernement ou celui qui l’a remplacé pour le continuer, n’avait jamais conservé l’arrière-pensée d’exercer une suprématie quelconque sur Haïti ; s’il avait sincèrement entendu qu’elle jouît d’une indépendance réelle et absolue, comme elle en a pour toujours manifesté la volonté, pourquoi n’a-t-il pas, dans un acte solennel, proclamé à la face du monde entier sa renonciation formelle à toute espèce de prétentions sur notre territoire et à toute espèce d’influence sur nos affaires intérieures ?… » M. Saint-Macary reparaît enfin, et au grand étonnement de la nation, quoique sans pouvoirs, il rapporte deux traités frappés d’un vice radical qui entraîne la nullité, et qui ne pouvaient être acceptés, et parce qu’ils n’avaient pas été discutés par un agent compétent, et parce qu’ils renferment des dispositions que la nation rejettera éternellement : traités pourtant qu’on paraît nous imposer comme un ultimatum… Que le consul de France se rassure : Haïti saura toujours distinguer les Français de leur gouvernement… Quoi qu’il en soit, tous les peuples généreux, l’Angleterre, l’Allemagne, une partie des États-Unis, et ce peuple français lui-même si magnanime quand il ne suit que ses inspirations, applaudiront à notre détermination, parce que l’honneur national, le respect pour nos droits et notre indépendance nous l’auront seuls dictée. »

Mais ces publications ne suffisaient pas, il fallait expliquer directement au gouvernement français les motifs de la non-ratification des traités du 2 avril[1]. À cet effet,

  1. Il faut convenu que le mois d’avril a été peu favorable dans les transactions entre