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que parce que le Président savait que, d’après les exigences du nouveau gouvernement, il lui serait impossible de ratifier les traités auxquels M. Saint-Macary souscrirait probablement, et par là il se préparait le terrain qui lui convenait. Mais, en même temps, cette déclaration officielle pouvait amener un refroidissement dans les relations entre les deux gouvernemens, puisque cet agent n’avait pas été rappelé par le Président.

Quoi qu’il en soit, c’est ici le lieu de faire connaître les instructions qu’il avait reçues en 1830.

On a vu plus avant que les trois grands fonctionnaires, d’une part, et MM. Pichon et Molien, de l’autre, avaient arrêté entre eux une convention financière en sept articles, et un traité de commerce et de navigation en vingt autres articles, sans les signer néanmoins, à cause de deux articles additionnels proposés par les fonctionnaires haïtiens et refusés par les agents français. Il s’agissait d’ajouter à la convention : « que les denrées envoyées en France par le gouvernement haïtien, pour payer l’indemnité, y seraient admises à des droits moins élevés que ceux payés par le commerce français pour les mêmes denrées ; » — ou au traité de commerce : « que les denrées d’Haïti, à l’exception du sucre, seraient admises en France à ce qu’on y appelait vulgairement les petits droits ; et en réciprocité, les vins et les huiles du crû de la France ne payeraient en Haïti que les demi-droits. »

La mission de M. Saint-Macary avait donc pour but principal de faire agréer « l’un ou l’autre de ces deux articles additionnels, » afin de donner à Haïti des facilités pour sa libération. Du reste, la République reconnaissait devoir encore à la France, 120,700,000 francs, et consentait même à en payer les intérêts à 3 pour cent l’an, ainsi