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assurer sa tranquillité : aucun sacrifice ne sera trop grand pour remplir des promesses devenues inviolables pour une nation jalouse de son honneur, etc. »

Ces paroles furent aussi remarquables que le bon accord existant entre les deux pouvoirs et que les louanges données à Boyer pour son administration. Trois lois seulement furent votées dans cette session : une qui amenda le code de commerce, en créant un tribunal dès cette juridiction dans les villes de Jacmel, de Jérémie, des Gonaïves et de Saint-Yague où le tribunal civil de ces lieux faisait jusque-là ces fonctions ; la deuxième, sur quelque allégement porté à l’impôt foncier établi sur les maisons des villes et bourgs ; la troisième, sur les patentes.

Il y eut de la part de la haute administration plusieurs actes également remarquables. Le 1er juillet, le secrétaire d’État Imbert avait publié un règlement sur l’emploi du matériel dans les hôpitaux militaires et sur le service de ces établissemens. Le 23 septembre, il publia un avis sur là résolution prise par le gouvernement, de faire construire des magasins en maçonnerie sur un terrain de l’État situé à la Coupe, à une forte lieue du Port-au-Prince, au pied des montagnes, afin de servir au dépôt d’objets de guerre, d’approvisionnement, etc., là même où l’année suivante commença rétablissement de la ville Pétion. Le 8 octobre, un autre avis eut pour objet d’affermer au public des embarcations que le gouvernement avait fait construire sur les lacs d’Azuai et de Xaragua, vulgairement appelés étangs Saumâtre et Salé, afin de faciliter les communications entre la capitale et le département du Sud-Est, lès deux routes qui conduisent à Neyba étant tracées, l’une sur la montagne de Himany, l’autre parmi d’énormes rochers, du côté opposé. Mais cette conception échoua, soit par la mauvaise