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leurs druides et semnothées. Voilà ce que nous apprennent Aristote dans son Traité de la magie et Sotion dans le XXIIIe livre de l’ouvrage qu’il a intitulé : Succession des philosophes. »

Heureusement Diogène Laërce nous dit quel est le livre d’Aristote à l’aide duquel il a dressé cette liste de philosophes barbares, et où il aurait trouvé, par conséquent, le nom des druides : c’est le Traité de la Magie, or ce traité est apocryphe. Il est vrai qu’à l’appui de son énumération des philosophes barbares Diogène Laërce allègue une autre autorité, celle de Sotion. Celui-ci, vivant environ 200 ans avant notre ère[1], est antérieur à César d’à peu près un siècle et demi. La date à laquelle les druides apparaissent serait reculée d’autant ; mais comme des quatre noms de sectes philosophiques barbares que Diogène Laërce dit avoir empruntés au Traité de la magie d’Aristote et au traité des Successions des philosophes de Sotion, il ne nous apprend pas quels sont ceux qu’il doit au premier et quels sont ceux qu’il emprunte au second, nous ne pouvons savoir s’il a pris le nom des druides dans le livre apocryphe d’Aristote ou dans l’ouvrage authentique de Sotion. Il nous est donc impossible de tirer aucune conclusion chronologique de cette préface de Diogène Laërce, si souvent citée. Quant à Diogène Laërce, il écrivait lui-même environ 200 ans après notre ère ; la présence

  1. Sotion vivait sous Ptolémée Épiphane, 205-181. Mullach, Fragmenta philosophorum græcorum, t. I, p. 32.