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Le mot barde n’apparaît pas dans ces deux textes, le premier de Posidonius, le second d’Appien. Posidonius se sert de l’expression « un poète barbare, » τὶς τῶν βαρβάρων ποιητής et Appien écrit : μουσικὸς ἀνήρ, c’est-à-dire un musicien et un poète. Mais dans un autre endroit Posidonius nous apprend que les poëtes qui chantent des louanges, chez les Gaulois, s’appellent bardes[1]. Posidonius reproduit dans ce passage des notes de voyage recueillies par lui aux environs de l’an 100 avant notre ère où il visita la Gaule.

Le nom des bardes gaulois est répété, environ soixante ans plus tard, par Diodore de Sicile :

« Chez les Gaulois, » dit Diodore, « il y a des poètes lyriques qu’on appelle bardes. En s’accompagnant d’instruments semblables aux lyres, ils chantent l’éloge des uns, la satire des autres[2]. »

Tels sont les textes les plus anciens que nous possédions sur les bardes gaulois. Le premier se réfère

  1. « Τὰ δὲ ἀκούσματα αὐτῶν εἰσιν οἱ καλούμενοι Βάρδοι · ποιηταὶ δὲ οὗτοι τυγχάνουσι μετ’ᾠδῆς ἐπαίνους λέγοντες. » Didot-Müller, Fragmenta historicorum græcorum, t. III, p. 259. Athénée, l. VI, ch. 49, éd. Teubner-Meineke, t. I, p. 436.
  2. « Εἰσὶ δὲ παρ’ αὐτοῖς καὶ ποιηταὶ μελῶν οὓς βάρδους ὀνομάζουσιν · οὗτοι δὲ μετ’ὀργάνων ταῖς λύραις ὁμοίων ᾄδοντες, οὓς μὲν ὑμνοῦσιν, οὓς δὲ βλασφημοῦσι. » Diodore, l. V, c. 31, éd. Didot-Müller, t. I, p. 272.