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littératures étrangères, on trouve le plus vaste ensemble de créations originales. Les plus anciennes, qui paraissent avoir été mises par écrit au septième siècle de notre ère, reproduisent des traditions et des mœurs celtiques antérieures au christianisme ; mais le génie irlandais a conservé sa fécondité dans la littérature épique jusqu’à une époque très rapprochée de la nôtre ; ainsi certains morceaux du cycle ossianique, dont on ne connaît pas de manuscrits antérieurs au siècle dernier, ne remontent pas à la date reculée que pourraient accepter certains observateurs superficiels.

La littérature épique de l’Irlande se compose d’un grand nombre de morceaux, de longueurs très inégales, dont les plus anciens sont ordinairement écrits en prose, mais avec mélange de vers, et qui pour la plupart appartiennent à trois cycles : le premier cycle est le cycle mythologique, qui a pour objet l’origine des dieux et des hommes[1] ; le second est le cycle héroïque de Conchobar et de Cùchulainn[2]. Conchobar était roi de la provice septentrionale de l’Irlande qu’on appelle aujourd’hui l’Ulster, mais dont les limites n’étaient pas alors exactement les mêmes

  1. Ce qu’il y a de plus complet sur ce cycle est le commencement de l’Histoire d’Irlande de Keating, dont la première édition a paru sous forme de traduction anglaise en 1723. La traduction la plus récente est celle de John O’Mahony, qui a paru à New-York en 1866.
  2. Le principal recueil auquel on peut renvoyer pour l’étude de ce cycle est celui que M. Windisch a publié sous le titre de Irische Texte. Leipzig, 1880, in-8º.