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inspirés par le seul amour de la science, nous ont précèdés dans ce labeur, avec succès, en Allemagne et en Angleterre, deux pays où l’étude des langues celtiques a pénètre dans l’enseignement des universités[1]. Ça été la conséquence logique et forcée du progrès général de la linguistique.

Les résultats que ce progrès amène hors de France devaient se produire à plus forte raison en France, où la grammaire comparée des langues indo-européennes a su, grâce aux travaux de M. Bréal, conquérir définitivement sa place dans la science et dans l’enseignement[2], et où la branche celtique de cette étude nouvelle présente un intérêt national. Un cours de celtique est fait depuis plusieurs années avec autant de science que de distinction à l’École des hautes études, par M. Gaidoz, qui a eu l’heureuse initiative de donner en France un centre aux études celtiques par la fondation d’une Revue[3].

MM les professeurs du Collège de France ont pensé que le même enseignement devait prendre place dans le programme du grand et célèbre établissement

  1. Dès 1875, M. Windisch, aujourd’hui professeur à l’université de Leipzig, a professé à Strasbourg le vieil irlandais, et c’est à ce cours que M. Zimmer, l’un des celtistes les plus distingués de notre temps, a commencé ses études celtiques. Le savant M. Rhys est professeur de celtique à l’Université d'Oxford depuis 1876.
  2. L’enseignement de la grammaire comparée des langues indo-européennes suivant la méthode moderne date, au Collège de France, de 1854, où M. Bréal a commencé son cours.
  3. (3.) Le cours de M. Gaidoz date de 1876 ; la Revue celtique avait commencé à paraître en 1870.