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une interpolation. Quoi qu’il en soit, la première rédaction de la plus ancienne de nos listes paraît nous faire remonter aux dernières années du septième siècle ou aux premières années du huitième siècle. Le septième et le huitième siècle sont l’âge d’or de la littérature irlandaise. C’est au septième siècle, c’est-à-dire au règne de Guairé Aidné, roi de Connaught, mort en 659, suivant les uns, en 662 suivant les autres, que les récits des file irlandais rapportent la rédaction de la grande épopée qui célèbre l’enlèvement du taureau de Cûalngé. La plus grande partie de la vieille littérature épique de l’Irlande paraît avoir été consignée par écrit pendant les cent cinquante ans qui suivent. C’est au septième siècle que moururent Dallan, fils de Forgall, Senchan Torpoist et Cennfaelad, les plus anciens ou à peu près de ceux des file d’Irlande qu’on peut considérer comme les vrais auteurs des compositions littéraires qui portent leur nom. À la même époque, la culture des lettres latines et grecques était pratiquée en Irlande avec une ardeur et un succès merveilleux ; cette culture est un autre aspect du mouvement intellectuel qui a fait consigner par écrit les plus anciens monuments de la littérature nationale irlandaise.