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tions, sur la langue des populations celtiques dans les parties de l’Europe où les Celtes ont dominé avant la conquête romaine et la conquête germanique, ont été conservées par la géographie du temps de l’empire romain.

Ainsi, sur un des points les plus orientaux qu’ait atteints la domination celtique en Europe, nous trouvons Noviodunum, aujourd’hui Isaktscha, dans la Dobrudscha, près de la mer Noire sur la rive droite du Danube à peu de distance de son embouchure. Ce nom, sauf peut-être la désinence, qui est latine, appartient au dialecte celtique que parlaient les Gaulois ; il est identique au nom que portait, au temps de César, une ville de la Gaule transalpine dans le pays des Éduens ; que portaient, sous l’empire romain, Nyon en Suisse, Jublains dans la Mayenne, un pagus de la cité de Plaisance dans la Gaule cisalpine, et une station de Pannonie il a le même sens que le nom de lieu français Neufchâteau ou Neufchâtel. Il est composé de deux termes gaulois, l’un novio-, qui veut dire nouveau, l’autre dunum, qui signifie château.

Le premier de ces termes gaulois se retrouve dans plusieurs autres noms de lieu, par exemple Noviomagus, nom dme ville de Grande-Bretagne et de plusieurs villes de Gaule, comme Noyon, Lisieux, Spire, Nimègue. Le second terme, dunum, est des plus communs dans la géographie des contrées celtiques au temps de l’empire romain : nous citerons, en Gaule, Acitodunum, Ahun ; Eburodunum,