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où le manger semblait la plus salutaire des pratiques[1]. »

On sait que Pline dédia son Histoire naturelle à Titus en l’année 77 de notre ère. Quelques années plus tard, en 84, Agricola terminait, après sept campagnes, la conquête de la partie de l’île qui devint province romaine[2]. Le druidisme se réfugia dans le Nord, resté indépendant. Saint Columba l’y retrouva au bout de près de cinq siècles, quand, après avoir, en 563, fondé en Ecosse son monastère d’Iova[3], il commença, en 565, à prêcher le christianisme aux Pictes septentrionaux[4].

  1. « Quid ego haec commemorem in arte Oceanum quoque transgressa et ad naturæ inane pervceta ? Britannia hodieque eam attonita celebrat tantis cærimoniis ut dedisse Persis videri possit : adeo ista toto mundo consensere quamquam discordi et sibi ignoto ; nec satis æstimari potest quantum Romanis debeatur qui sustulere monstra in quibus hominem occidere religiosissimum erat, mandi vero etiam saluberrimum. » Pline, Histoire naturelle, livre XXX § t3, édit. Teubner-Ianus, tome IV, p. 235.
  2. Tacite, Agricola, c. t8-38. Cf. W.-F. Skene, Celtic Scotland, t. I, p. 41-58. Tillemont, Histoire des empereurs, t. II, p. 77.
  3. Iova. On dit ordinairement Iona avec un n au lieu de v. Grâce à cette modification le nom du monastère de saint Columba devient un mot hébreux, qui signifie « colombe ». C’est le sens qu’a en latin le nom du fondateur. Je dois cette observation à M. F. Lenormant.
  4. Bède, Histoire ecclésiastique, livre III, ch. 4, chez Migne, Patrologia latina, t. XCV, col. 121. Cf. Skene, Celtic Scotland, t. I, p. 130. En face de la page 228 du même volume, M. Skene a donné une carte du nord de la Grande-Bretagne à cette époque. La plus ancienne mention des Pictes se trouve dans le panégyrique du César Constance Chlore, prononcé en 296, qui est le cinquième de la collection des Panegyrici veteres, édit. Teubner-Bahrecs, p. 14. On les voit reparaître en 310 dans le panégyrique de l’empereur Constantin, qui est le septième de la collection (ibidem, p. 165). Dans ce passage, il est question des exploits de Constance Chlore, qui mourut, comme on sait, en 306.