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l’autre est celle de trois jeunes filles de Milet qui se donnèrent la mort de crainte de tomber entre les mains de ces barbares en 278[1]. C’est probablement l’historien Timée qui a donné au mot Γαλάτης la popularité dont il a joui plus tard[2]. Timée a terminé son livre en 264 avant J.-C. Sous la domination romaine les auteurs grecs employèrent ordinairement le mot Γαλάτης pour traduire le latin Gallus, mais il leur arriva aussi de s’en servir comme de Κελτός pour rendre le latin Germanus : ainsi Diodore de Sicile appelle Γαλάται les Germains de la rive droite du Rhin attaqués par César en l’an 55 avant J.-C.[3]. Aujourd’hui ce nom est employé pour dé-

  1. Οἰχόμεθ’, ὧ Μίλητε, φίλη πατρὶ, τῶν ἀθεμίστων
    τᾶν ἄνομον Γαλατᾶν κύπριν ἀναινόμεναι,
    παρθενικαὶ τρισσαὶ πολιήτιδες, ἅς ὁ βιατὰς
    Κελτῶν εἰς ταυτὴν μοῖραν ἔτρεψεν Ἄρης.

    « Nous avons quitté la vie, ô Milet, chère patrie, pour échapper aux criminelles passions des Galates iniques. Nous étions trois, vierges et citoyennes, que la guerre et la violence celtique ont réduites à ce triste sort » (Antologie grecque, édit. Didot, liv. IV, 492 ; t. I, p. 368, 479).

  2. « Γαλατία, χώρα · ὠνομάσθη, ὥς φησι Τίμαιος, ἀπὸ Γαλάτου Κύκλωπος καὶ Γαλατίας (lege Γαλατείας) υἱοῦ » Etymologicum Magnum ; Timée, fragment 37, Didot-Müller, Fragmenta historicorum græcorum, t. I, p. 200. Callimaque, In Delum, vers 184, édit. Schneider, p. 41, se sert du mot Γαλάτης. Sur les Γαλάται chez Ératosthène, voir Strabon, II, iv, 4, édition Oidot, p. 88. Callimaque et Ératosthène écrivaient au troisième siècle av. J.-C.
  3. Diodore, liv. V, chap. xxv, § 4, édit. Didot-Müller, p. 269.