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l’Ibérie est si froid que l’âne n’y peut naître[1]. Si nous en croyons Plutarque, Aristote a su que les Celtes avaient pris Rome[2]. Le périple attribué à Scylax de Caryanda, monument où nous trouvons la géographie politique des années 338 à 335 avant J.-C., nous montre les Celtes établis au fond de l’Adriatique[3]. Les Celtes de l’Adriatique envoyèrent une ambassade à Alexandre lors de son expédition contre les Thraces et les Gètes, vers l’an 335, et Ptolémée, fils de Lagus, a parlé de cette ambassade dans un livre écrit vers l’année 300[4].

Jusqu’au troisième siècle avant J.-C. les Grecs n’ont eu qu’un nom pour désigner les Celtes continentaux ; ce nom est Κελτός. Quelle est l’origine de ce nom ? Suivant Pausanias, écrivain du second siècle de notre ère, Κελτός est le nom que les Celtes se donnaient à

  1. « Ἔτι δὲ ψυχρὸν τὸ ζῷον ὁ ὄνος ἐστίν · διόπερ ἐν τοῖς χειμερινοῖς οὐ θέλει γίγνεσθαι τόποις... οἷον... περὶ Κελτοὺς τοὺς ὑπὲρ τῆς Ἰβηρίας · ψυχρὰ γὰρ καὶ αὕτη ἡ χώρα. » (De animalium generatione, liv. II, chap. viii, édit. Didot, t. III, p. 369).
  2. « Ἀριστοτέλης δέ ὁ φιλόσοφος τὸ μὲν ἁλῶναι τὴν πόλιν ὑπὸ Κελτῶν ἀκριβῶς δῆλός ἐστιν ἀκηκοώς » (Plutarque, Camille, chap. xxii, édit. Didot, p. 167).
  3. « Μετὰ δὲ Τυῤῥηνούς εἰσι Κελτοὶ ἔθνος ἀπολειφθέντες τῆς στρατείας, ἐπὶ στενῶν μέχρι Ἀδρίου. Ἐνταῦθα δέ ἐστιν ὁ μυχὸς τοῦ Ἀδρίου κόλπου » (Didot-Müller, Geographi græci minores, t. I, p. 25).
  4. « Φησὶ δὲ Πτολεμαῖος ὁ Λάγου κατὰ ταύτην τὴν στρατείαν συμμῖξαι τῷ Ἀλεξάνδρῳ Κελτοὺς τοὺς περὶ τὸν Ἀδρίαν φιλίας καὶ ξενίας χάριν » (Strabon, liv. VII, chap. iii, § 8, édit. Didot-Dübner et Müller, p. 250. Arriani Anabasis de Didot, seconde partie, p. 87, fragm. 2 ; cf. 1re partie, Anabasis, liv. I, chap. iv, p. 5).