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M. de Humboldt a appelé calcaire du Jura, ce vaste sédiment dont le Jura se compose en très-grande partie et qui est formé par un calcaire blanchâtre, tantôt compacte et uni comme la pierre lithographique qu’on en extrait, tantôt pétri de petits grains ronds appelés oolithes, d’où est venue la désignation de calcaire oolithique.

Le terrain de sédiment, comprenant le grès vert et la craie, se compose d’une succession de couches de grès mélangés souvent d’une grande quantité de petits grains verts de silicate de protoxyde de fer et surmontées d’une série très-épaisse de couches de craie. Les couches de l’une et de l’autre espèce, qui forment les falaises de la Manche, sont le type de ce genre de terrain.

Le terrain de sédiment tertiaire est celui des environs de Paris. C’est une succession très-variée de couches d’argile, de calcaire, de marne, de gypse, de grès et de meulières.

Enfin, les anciens terrains d’atterrissement tirent ce nom de leur ressemblance avec les atterrissements ou alluvions produits par les cours d’eau de l’époque actuelle.

Quoique tous ces terrains aient été déposés par les eaux, quoiqu’on les rencontre dans les mêmes localités, et les uns sur les autres, le passage d’une espèce à la suivante ne se fait pas par des nuances insensibles. On remarque toujours alors une variation subite et tranchée dans la nature physique du dépôt et dans celle des êtres organisés dont on y trouve les débris. Ainsi, il est évident qu’entre l’époque où le calcaire du Jura se déposait, et celle de la précipitation du système grès vert et craie qui le recouvre, il y a eu à la surface du globe un renouvelle-