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Page:Arago - Œuvres complètes de François Arago, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences - Astronomie populaire, tome 3.djvu/633

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doit-on craindre de ne jamais parvenir à constater la présence simultanée de ces deux lumières dans la blancheur totale de la couronne lumineuse ? La question bien examinée ne se présente pas sous un point de vue aussi décourageant ; il est probable que les phénomènes de polarisation fourniront les moyens de la résoudre.

Supposons, en effet, que la lumière blanchâtre de la couronne bien observée offre des traces sensibles de polarisation. La polarisation ne pouvant procéder de la diffraction, il sera indispensable de l’attribuer à la lumière provenant, par voie de réflexion, de la lumière diaphane dont le Soleil serait alors indubitablement entouré.

Telle est la raison pour laquelle j’avais tant recommandé, en 1842, aux astronomes d’étudier la couronne au point de vue de la polarisation. Mon appel n’a été qu’imparfaitement entendu.

M. Airy nous apprend qu’il s’était muni, en 1851, des appareils propres à faire connaître l’existence de rayons polarisés, mais que surpris par la réapparition du Soleil il n’eut pas le temps d’en faire usage

Un de ses collaborateurs, M. Dunkin, dit qu’il a été gêné par les nuages ; que cependant il a essayé de voir des traces de la polarisation dans la couronne, mais sans succès. Il est difficile de deviner de quel procédé M. Dunkin faisait usage dans cette recherche, même après avoir lu le passage suivant de son Mémoire : « Aucune trace de polarisation n’a pu être aperçue ni aucun défaut dans les couleurs prismatiques, le vert étant certainement aussi brillant que les autres couleurs. »

M. Carrington, qui observait à Lilla-Ider, rapporte