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à mesure qu’on approche de la surface des corps solides, et que l’étendue dans laquelle cette condensation s’opère est très-sensible. Une réfraction, dirigée du dehors en dedans du corps occultant, en d’autres termes la production d’une auréole lumineuse serait la conséquence inévitable d’un pareil état des couches atmosphériques.

Dans l’expérience de De l’Isle, comme dans les expériences ordinaires de diffraction, l’observateur se trouve placé très-près du corps opaque. N’aurait-il pas fallu, avant d’appliquer aux phénomènes célestes des résultats obtenus dans de telles conditions, chercher minutieusement ce qui arriverait, lorsqu’aux distances de deux à trois mètres on substituerait les quatre-vingt-seize mille lieues dont la Lune est éloignée de la Terre ?

Je le dis avec regret, le désaccord que l’on trouve avec les observations faites en divers lieux par des astronomes également exercés, sur la couronne lumineuse, dans une seule et même éclipse, a répandu sur la question de telles obscurités, qu’il n’est maintenant possible d’arriver à aucune conclusion certaine sur la cause du phénomène. Veut-on faire de la couronne et de tous ses accessoires l’atmosphère du Soleil ? je demanderai pourquoi elle ne se voit pas en tous lieux au même moment, avec la même forme et la même grandeur ? pourquoi la couronne totale est quelquefois partagée en deux couronnes distinctes, tandis que dans d’autres cas on ne voit plus qu’une dégradation de lumière uniforme depuis le bord de la Lune jusqu’au point où le phénomène se perd dans l’obscurité du ciel.

Veut-on, d’autre part, comme le prétend Maraldi,