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M. le docteur Angelo Cavana, de Codogno, assurent que l’éclipse ne produisit d’effet ni sur les chevaux ni sur l’espèce bovine.

Le professeur Balsamo, de Milan, dit que deux chiens qu’il examinait attentivement restèrent parfaitement impassibles pendant toute la durée du phénomène.

M. Piola, au contraire, vit près de Lodi un chien de chasse qui se montra très-inquiet et poussa de longs gémissements. A Vérone, on fit la même observation.

Que conclure de la remarque de M. Balsamo comparée aux faits que j’ai rapportés d’après les observateurs de Perpignan, de Lodi et de Vérone ? Une seule chose, ce me semble : c’est qu’il n’y a pas moins de différence, quant à l’intelligence ou aux facultés provenant de l’instinct, entre les animaux de même espèce qu’entre les hommes.

Des observateurs de Crémone disent qu’il tomba à terre une immense quantité d’oiseaux. M. Zamboni, l’auteur des piles sèches, est cité pour avoir vu tomber à côté de lui un passere (un moineau).

M. Piola, qui était sous un arbre près de Lodi, remarqua que les oiseaux cessèrent de chanter au moment de l’obscurité ; mais aucun ne tomba.

Dans la relation que M. l’abbé Zantedeschi m’a fait l’honneur de m’adresser de Venise, je lis qu’au moment de l’obscurité totale, « des oiseaux voulant s’enfuir et n’y voyant pas, allaient se heurter contre les cheminées des maisons ou contre les murs, et qu’étourdis du coup ils tombaient sous les toits, dans les rues ou dans les lagunes. Parmi les oiseaux qui éprouvèrent de ces acci-