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autres choses, elle modifie notablement les lois de la polarisation atmosphérique.

Établissons-nous maintenant dans un lieu où une éclipse de Soleil va commencer, et portons nos regards sur une région déterminée de l’atmosphère, par exemple sur la région zénithale.

Cette région nous envoie, 1° par une seule réflexion, des rayons lumineux provenant de toute la superficie du Soleil ; 2° des rayons provenant aussi originairement de la même superficie, mais ayant éprouvé plusieurs réflexions, et la première d’entre elles sur des molécules situées indistinctement dans toutes les régions de l’atmosphère.

L’éclipse a commencé. Le Soleil n’éclaire plus alors la région atmosphérique zénithale de la station que par une portion de sa superficie ; au contraire, il éclaire encore en plein d’autres couches, celles particulièrement qui se trouvent à l’horizon passant par les molécules placées très-haut sur la verticale du lieu, car cet horizon est très éloigné. La lumière zénithale provenant de ces couches après des réflexions multiples, n’était primitivement qu’une fraction aliquote minime de la lumière totale ; l’immersion d’une portion du Soleil a nécessairement accru son importance relative. À mesure que la partie visible de l’astre radieux diminue dans la station, cette importance continue à augmenter. Il arrive enfin un moment où la lumière secondaire, où la lumière provenant des réflexions multiples, n’ayant pas varié, en tant qu’elle provient de certains points pour lesquels l’éclipse n’a pas encore commencé, et s’étant en général beau-