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Page:Arago - Œuvres complètes de François Arago, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences - Astronomie populaire, tome 3.djvu/595

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ont été certainement au delà de la vérité en disant qu’après la disparition du Soleil, on ne voyait pas assez pour poser le pied ; que les ténèbres étaient plus profondes que celles de la nuit.

Le meilleur moyen de caractériser l’obscurité qui régna pendant les anciennes éclipses totales de Soleil est certainement de citer le nombre et la grandeur, des étoiles qui furent aperçues à l’œil nu.

D’après ce critérium, l’éclipse d’Agathocle, l’éclipse de 310 avant Jésus-Christ, aurait été d’une obscurité exceptionnelle, car on rapporte que les étoiles apparaissaient de toutes parts.

Dans une éclipse totale dont parle Plutarque, le jour, suivant lui, avait si bien pris l’apparence de la nuit qu’on voyait les étoiles dans toutes les directions.

Pendant l’éclipsé totale de 1706, observée à Montpellier entre neuf et dix heures du matin, Plantade et Clapiès virent, à l’œil nu, Vénus, Mercure, Saturne, Aldebaran et d’autres étoiles qui ne sont pas nommées dans le récit de ces observateurs.

En 1715, Halley aperçut à la simple vue, et en regardant au hasard, Vénus, Mercure, la Chèvre et Aldebaran. Dans une direction particulière où l’atmosphère semblait moins éclairée, il aperçut à l’œil nu vingt-deux étoiles.

Louville raconte que dans cette même éclipse, qui eut lieu à neuf heures du matin, on ne voyait pas assez pour lire, quoiqu’on distinguât les lignes de l’écriture ; il observait à Londres comme Halley ; il aperçut quelques étoiles de deuxième grandeur.