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Page:Arago - Œuvres complètes de François Arago, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences - Astronomie populaire, tome 3.djvu/584

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qu’on admette que la zone parasite n’est pas un effet d’irradiation, mais qu’elle résulte de ce que l’observateur ne voyait l’astre que d’une manière un peu indistincte, l’oculaire de l’instrument n’ayant pas été placé très exactement au foyer. Ceux qui chercheront à substituer une autre explication à celle de Lahire, ne devront pas oublier que l’apparition mystérieuse de l’étoile peut s’offrir à un observateur et ne se point montrer à d’autres placés à côté du premier.


CHAPITRE VIII

histoire des éclipses — calculs des éclipses par les anciens — de la période appelée saros


Les éclipses de Lune et de Soleil, ces phénomènes qui n’excitent aujourd’hui, presque dans le monde entier, que la curiosité et l’intérêt des populations, étaient jadis l’objet des préoccupations les plus vives et de craintes superstitieuses ; laissons, à cet égard, parler Fontenelle :

« Dans toutes les Indes orientales, on croit que quand le Soleil et la Lune s’éclipsent, c’est qu’un certain dragon qui a les griffes fort noires, les étend sur ces deux astres dont il veut se saisir, et vous voyez pendant ce temps là les rivières couvertes de têtes d’Indiens qui se sont mis dans l’eau jusqu’au cou, parce que c’est une situation très-dévote, selon eux, et très-propre à obtenir du Soleil et de la Lune qu’ils se défendent bien contre le dragon. En Amérique, on était persuadé que le Soleil et la Lune étaient fâchés quand ils s’éclipsaient, et Dieu sait ce