Ouvrir le menu principal

Page:Arago - Œuvres complètes de François Arago, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences - Astronomie populaire, tome 3.djvu/581

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


usage, l’intervalle obscur compris entre les deux étoiles, paraissait tout au plus égal au diamètre de chacune d’elles. La première et la seconde étoile disparurent subitement, c’est-à-dire en moins d’une demi-seconde ; mais l’intervalle entre les temps des deux disparitions s’éleva à trente secondes. Ainsi, le bord de la Lune qui semblait n’avoir eu besoin que d’une demi-seconde pour se transporter au bord opposé d’un certain disque lumineux, employa 30 secondes à parcourir un espace obscur de même étendue apparente. Cet espace était donc plus grand qu’il ne le paraissait ; les deux étoiles rétrécissaient l’espace réel, à raison de l’élargissement de leurs diamètres ; cet élargissement donnait à chaque étoile un diamètre 30 fois au moins plus considérable que le diamètre véritable. Il est juste de remarquer que la lunette de Cassini n’étant pas achromatique, devait, par cette seule raison, présenter les étoiles considérablement dilatées. Aujourd’hui, l’observation ne donnerait pas, à beaucoup près, le résultat extraordinaire consigné dans le Mémoire de Cassini.

Il est une circonstance qui a jeté du louche dans l’esprit de beaucoup d’astronomes, sur l’observation des occultations d’étoiles, et sur les conséquences qu’on en a déduites, je veux parler de l’apparition de l’image de l’étoile sur le disque de là Lune.

On a souvent remarqué, en effet, qu’avant de disparaître, une étoile se projetait sur le disque apparent de la Lune, et, circonstance singulière, ce phénomène, souvent visible pour un observateur habile, et muni de très bons instruments, n’était pas aperçu par un observateur