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Si, au lieu de deux secondes de diamètre, nous avions pris une seconde, pour base de notre raisonnement, nous aurions trouvé que les mêmes changements d’intensité devraient s’opérer en deux secondes de temps. Deux secondes forment une période, pendant la durée de laquelle l’œil saisirait, sans aucun doute, des variations d’intensité portant graduellement une étoile de la 1re à la 10e grandeur, ou réciproquement. Ainsi, les étoiles zodiacales de première grandeur, n’ont pas même une seconde de diamètre réel.

Quoique la méthode dont je viens de donner l’analyse, ne soit applicable qu’aux étoiles situées dans le zodiaque, ou que la Lune peut éclipser, elle m’a paru assez utile, assez ingénieuse, pour mériter qu’on recherchât à qui elle était due. Voici ce que j’ai découvert de plus ancien à ce sujet :

Dans le cahier des Transactions philosophiques des mois de juillet, d’août et de septembre 1718, je lis, page 853 : « Que l’étoile Palilicium (Alderaban), émergea de dessous le bord obscur de la Lune, à 9h 58m 20s, qu’elle recouvra toute sa clarté en un clin d’œil, et qu’un pareil résultat démontra que le diamètre de cette étoile, de première grandeur, était presque nul. » Cette note est je crois de Halley.

On trouve une observation analogue dans le volume de l’Académie des Sciences de 1720.

Le 21 avril de cette même année 1720, Jacques Cassini observa l’immersion de γ de la Vierge, sous le bord de la Lune. Cette étoile est double. Dans la lunette de 5m,3, et non achromatique, dont l’astronome faisait