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Voilà comment il arrive qu’une éclipse est totale en certains lieux, et seulement partielle dans d’autres ; voilà comment Paris, par exemple, n’a vu quelquefois aucune trace de telle éclipse partielle de Soleil qui a été apparente à Toulouse, et réciproquement.

Il est bon d’observer aussi qu’en certaines occasions très-rares, une éclipse peut être totale dans un lieu et annulaire dans un autre. Cela arrive lorsque les diamètres apparents du Soleil et de la Lune sont presque égaux. La Lune ne se trouvant pas à la même distance de tous les points de la surface terrestre, et les différences étant dans des rapports appréciables avec la distance absolue, les uns voient la Lune plus grande que le Soleil et les autres la voient plus petite. Le même effet peut résulter d’un rapide mouvement de la Lune vers l’apogée ou le périgée.

Pour qu’une éclipse puisse être totale, il faut qu’au moment du phénomène les lignes visuelles menées aux deux extrémités d’un diamètre de la Lune, comprennent un angle plus grand que les deux lignes visuelles menées aux deux extrémités d’un diamètre du Soleil ; il faut (en prenant les expressions techniques) que le diamètre angulaire de la Lune l’emporte sur le diamètre angulaire du Soleil. Si le moment où la Lune devient nouvelle coïncide avec le moment où son diamètre angulaire est au minimum, ce qui met l’astre à son apogée, aucune circonstance de projection ne pourra donner lieu qu’à une éclipse de Soleil annulaire. Si, au contraire, dans le moment de la conjonction écliptique, le diamètre angulaire de la Lune est au maximum (ceci revient à