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mauvais temps dans la pleine Lune qui lui succède à son tour. Les nouvelles et les pleines Lunes ne se distingueraient donc pas les unes des autres, sous le rapport des circonstances atmosphériques ; ce qui est en désaccord formel avec les opinions professées par le savant disciple d’Aristote.

Celui que l’antiquité appelait le plus savant des Romains, Varron, avait formulé ainsi un pronostic tiré de la forme des cornes qui terminent le croissant de la Lune :

« Si la corne supérieure du croissant, paraît noirâtre le soir, au coucher de l’astre, on aura de la pluie au déclin, c’est-à-dire après la pleine Lune ; si c’est la corne inférieure, il pleuvra avant la pleine Lune ; si c’est le centre du croissant, il pleuvra dans la pleine Lune même. »

Personne n’ignore aujourd’hui que la Lune emprunte sa lumière au Soleil, et qu’il n’existe point de matière entre les deux astres qui puisse, dans les quartiers, affaiblir d’une manière sensible le faisceau éclairant. Ainsi les changements qu’on pourra remarquer dans l’intensité des phases lunaires, dépendent nécessairement de l’atmosphère terrestre.

Quand la corne supérieure est noirâtre comparativement au reste du croissant, c’est qu’il existe dans la direction de cette corne plus de vapeurs que le long du trajet des autres lignes visuelles. Si ces vapeurs s’abaissent un tant soit peu, elles affaiblissent le centre de l’astre. Il suffira d’un autre léger mouvement dans le même sens pour que l’obscurcissement porte sur la corne inférieure. Toute la différence entre les deux phénomènes extrêmes tiendra donc à la hauteur angulaire plus ou moins consi-