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Voilà assurément une coïncidence bien remarquable, mais combien de temps dura-t-elle ? Trois mois, pas davantage !

Menuret dit avoir fait des observations analogues sur la gale. Ici, ce serait à la pleine Lune que la maladie atteindrait son maximum.

Je n’entends nullement nier ces observations. Je ne soupçonne, en aucune manière, la bonne foi du médecin à qui on les doit ; mais n’est-il pas évident que si les coïncidences sur lesquelles il insiste n’avaient pas été fortuites, que si elles avaient tenu à une action réelle de la Lune, on ne serait pas réduit à rapporter trois ou quatre cas plus ou moins saillants, qu’on en citerait par milliers ?

Maurice Hoffmann dit avoir vu la fille d’une mère épileptique, à qui le ventre enflait tous les mois pendant que la Lune croissait, tandis qu’il diminuait, au contraire, dans la période du décours. L’idée d’une coïncidence accidentelle entre les deux phénomènes ne serait pas admissible, si la maladie avait duré très-longtemps avec les mêmes symptômes. La supposition contraire la rendrait très-naturelle. Les termes vagues dans lesquels l’observation d’Hoffmann a été rédigée, lui ôtent presque toute valeur. En pareille matière le public a droit à la confidence des plus minutieux détails, car les savants, ainsi que le dit Bayle, sont quelquefois eux-mêmes de fort méchantes cautions.

Les maladies nerveuses sont celles qui devaient offrir et qui ont offert, en effet, le plus d’indices vrais ou faux de leur liaison avec les positions de la Lune. Ainsi, Méade