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Page:Arago - Œuvres complètes de François Arago, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences - Astronomie populaire, tome 3.djvu/522

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Quand la Lune est pleine, par exemple, elle a éprouvé depuis plusieurs jours, sans interruption, l’action calorifique du Soleil, sa température est très-élevée ; quelques physiciens sont allés jusqu’à prétendre, non sans bonnes raisons, que toutes les matières dont la surface visible de notre satellite se compose sont alors au moins à 100° du thermomètre centigrade.

Cette supposition étant admise, les rayons calorifiques provenant d’un tel corps se trouvent mêlés aux rayons lumineux réfléchis et calorifiques venant du Soleil et suivent la même route.

Ces deux natures de rayons sont diversement tamisés par notre atmosphère. Les rayons lumineux et calorifiques émanant de la surface incandescente du Soleil, traversent notre atmosphère librement, tandis que les rayons calorifiques qui proviennent d’une source douée d’une température médiocre, comme de 100 degrés , y sont arrêtés en grande partie, ainsi que des expériences faites à la surface de la Terre l’ont prouvé surabondamment.

On aurait donc grand tort de juger de l’action calorifique que les rayons lunaires peuvent produire sur les nuages, par l’action qu’ils exercent sur les corps situés dans l’atmosphère épaisse où nous vivons. Les rayons, dans leur trajet à travers les plus hautes régions de l’air, ont changé d’état. Ils étaient mêlés à une portion considérable de rayons obscurs, mais calorifiques, venant de la Lune. Quand ils arrivaient aux nuages, ils ont laissé presque tous ces rayons calorifiques en route, dans leur trajet depuis la couche des nuages jusqu’au sol, où ils