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des montagnes, éclairés directement par le Soleil et séparés du reste du croissant lumineux. Cette dernière remarque doit empêcher les observateurs de tomber dans l’erreur que je combats, de transformer en un phénomène réel qui s’opérerait sur Aristarque, des intermittences d’éclat qui prennent certainement leur naissance dans notre atmosphère.

L’idée qu’il existe dans la Lune des volcans qui brûlent encore actuellement, s’est présentée de bonne heure à l’esprit de quelques observateurs amis du merveilleux. Mais il s’en est trouvé aussi qui, examinant la chose de sang-froid, ne s’étaient point associés aux idées de leurs contemporains. Voici, par exemple, ce qu’on lit dans un Mémoire de Lahire inséré parmi ceux de l’Académie des sciences pour 1706, p. 111 : « La petite tache qu’on appelle Aristarque, qui est si brillante que quelques-uns ont cru que c’était un volcan et qu’elle avait une lumière particulière qui la rendait plus claire que tout le reste de la Lune, n’est pourtant qu’une petite cavité qu’on ne peut distinguer qu’à peine des autres qui l’environnent quand elle est sur le bord de l’ombre. »

L’opinion à laquelle je me suis arrêté sur les prétendus volcans ou sur des lumières propres à la surface de la Lune ne m’empêchera pas de réunir ici les observations qui sembleraient conduire à une opinion diamétralement contraire. Je ne veux jouer que le rôle de rapporteur, le lecteur aura ensuite les moyens de prononcer lui-même en connaissance de cause.

Louville dit avoir aperçu sur la surface de la Lune, pendant l’obscurité totale de l’éclipse du 3 mai 1715,