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du phénomène de la libration, auquel ils n’avaient pas songé, leur en font une obligation impérieuse.

Des observations faites par Cassini, répétées et perfectionnées par Herschel, semblent indiquer que les satellites de Jupiter présentent toujours la même face à la planète. Considérons Jupiter en opposition avec le Soleil et prenons le satellite en opposition lui-même. Sa face visible alors de la Terre est celle qui regarde toujours la planète ; après une demi-révolution du satellite, la face éclairée par le Soleil et visible de la Terre est celle qu’on ne voit jamais de la surface de Jupiter. Eh bien, dans cette seconde position le satellite paraît avoir le même éclat que dans la première que nous avons déjà considérée : les deux faces opposées du satellite de Jupiter ont donc des formes et des constitutions identiques ou qui ne se révèlent pas par des différences d’éclat. La même observation pourrait être faite lorsque Jupiter est près de sa conjonction avec le Soleil.

Les observations des satellites de Saturne donneraient lieu à des remarques analogues.

Si tous les satellites sur lesquels on a pu faire à ce sujet des observations suffisantes présentent la même face à la planète autour de laquelle ils tournent, on peut l’expliquer en supposant les satellites allongés vers leurs centres de mouvement, comme Lagrange l’admettait pour la Lune (chap. x, p. 410 ; chap. xi, p. 423) ; mais rien dans les observations n’autoriserait à admettre une différence de forme ou de constitution du genre de celle qu’on avait voulu attribuer aux deux hémisphères lunaires.