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au nord ou au sud, qui, d’abord, étaient complétement cachées ?

À l’est, l’effet de cette libration peut s’étendre de chaque côté jusqu’à 7° 53′ du globe de la Lune ; au nord et au sud, les portions successivement cachées et découvertes occupent sur l’arc du grand cercle passant par les deux pôles de la Lune une étendue de 6° 47′. Tout compte fait, la portion du globe lunaire que l’on parvient à découvrir de la Terre à diverses époques embrasse les 0,57 de la surface totale, et les portions toujours invisibles ne forment que les 0,43 de cette même surface. Or, les portions assez considérables de l’hémisphère invisible que la libration amène successivement dans l’hémisphère visible sont formées comme les régions que nous voyons toujours ; on y aperçoit des montagnes, des vallées circulaires, des cratères complétement analogues à ceux qui sont figurés dans les cartes de notre satellite dressées par les astronomes.

Près du pôle sud, il existe, dans l’hémisphère ordinairement invisible, des montagnes colossales, telles que les monts Dœrfel et Leibnitz, qui produisent les plus fortes dentelures du limbe de la Lune, lorsque le mouvement de notre satellite les amène sur les bords de l’hémisphère visible.

Les auteurs des idées systématiques dont nous avons entrepris la réfutation, quoi qu’à vrai dire elle ne parût guère nécessaire, doivent se résigner à ne faire porter la constitution anormale qu’ils ont rêvée pour l’hémisphère opposé à la Terre, que sur les 0.43 de la surface de notre satellite, au lieu des 0.50 ; les difficultés résultant