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déterminer les intensités comparatives de cette sorte de lumière. Ces intensités conduiraient inévitablement aux plus curieux résultats sur l’état plus ou moins nuageux de l’atmosphère terrestre au moment des observations. Or, le problème me paraît très-abordable. Voici comment il faudrait s’y prendre pour le résoudre.

Supposons qu’on place un cristal de spath d’Islande, qu’on a si improprement appelé prisme de Nicol, devant l’objectif d’une lunette prismatique de Rochon (liv. xiv, chap. ii, t. ii, p. 61). Le prisme de Nicol, comme on sait, a la propriété de ne transmettre que de la lumière polarisée.

Si la section principale de ce prisme coïncide avec celle du prisme intérieur, la lunette ne fournit qu’une seule image des objets sur lesquels elle est dirigée. Mais, dès le moment que les sections principales cessent de coïncider, une seconde image se forme aux dépens de la première, et son intensité va en augmentant jusqu’à 90° avec l’angle que font les deux sections. Ce que cette méthode a de caractéristique et de précieux, c’est que l’intensité de cette seconde image naissante peut être calculée avec toute l’exactitude désirable par ce qu’on appelle la loi du carré du cosinus, aujourd’hui vérifiée expérimentalement, comme on le verra dans mes Mémoires sur la photométrie.

Ainsi, l’image principale est un, et l’image secondaire zéro, lorsque les deux sections principales coïncident.

Le tableau suivant donne les rapports des intensités des deux images pour tous les angles des deux sections principales des deux prismes :