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voir la portion de la Lune non éclairée par le Soleil, si l’explication que nous venons donner de ce qu’on appelle la lueur cendrée, est exacte, on concevra que cette lueur diminue d’intensité à mesure que la Lune marche vers son plein et croît, au contraire, de jour en jour pendant le décours de l’astre, c’est-à-dire, dans l’intervalle compris entre le jour de la pleine Lune et la disparition de notre satellite, le matin, dans les rayons du Soleil ; or, c’est ainsi que les phénomènes se passent généralement.


CHAPITRE XXVII

la terre vue de la lune


Nous nous sommes servis des phases de la Terre vue de la Lune pour expliquer la lumière cendrée, mais il y a toutefois ici à faire à cet égard une remarque essentielle : la Lune étant dépourvue d’atmosphère ou n’en ayant qu’une très-peu dense et toujours diaphane, les rayons solaires arrivent aux parties matérielles de la surface qui nous les réfléchissent avec la même intensité, en sorte que de ce côté toutes les phases doivent se ressembler par leur éclat. Une pleine Lune ressemble parfaitement à celles qui l’ont précédée et à celles qui la suivent. Il n’en est pas de même des phases de la Terre, vues de la Lune. Par l’effet du mouvement de rotation de notre globe, la partie éclairée est perpétuellement changeante. Elle renferme des portions, plus ou moins considérables, de continents ou de mers, ce qui doit amener toutes les vingt quatre heures dans l’éclat des phases terrestres, vues de la