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une atmosphère limitée, ou bien en disant que l’atmosphère lunaire, jadis générale, s’est précipitée tout entière dans des cavités innombrables dont notre satellite s’est trouvé parsemé à la suite des phénomènes volcaniques qui ont bouleversé sa surface dans tous les points ?

On pourrait résoudre cette question en examinant par tous les moyens que la polarisation peut fournir, si l’ombre des pitons situés aux milieux des cratères de la Lune est complétement noire ou du moins si cette ombre n’est éclairée que par la lumière cendrée. Ce serait un moyen de reconnaître si les cratères possèdent une atmosphère s’élevant peu au-dessus de leurs bords. On devrait employer dans cette observation une lunette dans laquelle l’image de la Lune serait fournie par de la lumière entièrement polarisée à l’aide d’un prisme de Nicol. La seconde image, qu’on rendrait aussi faible que l’on voudrait, se projetterait sur les ombres de la première image et donnerait ainsi les moyens d’arriver à la solution du problème posé.

Dans le nombre infini de questions auxquelles l’absence d’une atmosphère sensible autour de la Lune a donné lieu, on s’est demandé, par exemple, si notre satellite a toujours été dans cet état ; si l’atmosphère primitive n’a pas disparu à la longue, à la suite de phénomènes chimiques agissant peu à peu. Envisagés de ce point de vue, les calculs de Bénédict Prevost sur les proportions d’oxygène qui peuvent disparaître de notre atmosphère par des phénomènes naturels, doivent intéresser les astronomes. Le physicien de Montauban a trouvé que dans les suppositions les plus exagérées sur l’oxygène consommé