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Page:Arago - Œuvres complètes de François Arago, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences - Astronomie populaire, tome 3.djvu/412

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Supposons maintenant, comme second exemple, qu’une lunaison finisse le 31 janvier, près de minuit ; le temps de la révolution synodique de notre satellite étant en moyenne de 29j,53, cette Lune ne finira qu’en mars. Ainsi aucune lunaison ne se terminera en février, aucune Lune ne pourra donc, d’après la définition, être attribuée à ce mois.

Il est une autre difficulté dont les parieurs ne tiennent aucun compte ; elle dépend de la différence des méridiens. Supposons qu’une Lune finisse à Rome une minute après le minuit qui sépare le 31 décembre du ler janvier ; cette Lune, pour un habitant de Rome, sera celle de janvier ; mais le minuit de Paris arrive plus tard ; au minuit de Rome correspond à Paris le 31 décembre à 11h 19m 26s. Ainsi la Lune dont la fin à Rome avait lieu une minute après minuit, et devait s’appeler la Lune de janvier, porterait à Paris le nom de Lune de décembre.

On voit, par cet exemple, à quels embarras peut donner lieu l’habitude de désigner les Lunes par les noms des mois.

Ces complications n’existent pas dans l’astronomie proprement dite, où jamais, avec raison, on n’a cherché à rapporter aux mois de l’année solaire la fin ni le commencement des lunaisons.

La science, je désire que les parieurs dont j’ai parlé tiennent compte de l’avertissement, n’a rien à faire avec des règles abstraites, qui ne sont suivies que par les computistes et les gens du monde.