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physiques qui président aux mouvements célestes, il excite la surprise. Il est impossible, en effet, qu’un astre se meuve autour d’un autre avec plus de rapidité, sans que sa distance à celui-ci ne diminue.

La permanence du mouvement circulatoire exige qu’il y ait égalité entre la quantité dont le corps circulant tombe vers l’astre central, en vertu de son action attractive, dans l’intervalle d’une seconde, quantité qui ne peut manquer d’augmenter lorsque la distance diminue, et la force centrifuge qui, dans le même temps, tend à éloigner le corps circulant du point central. Cette force centrifuge augmente nécessairement avec la vitesse.

On voit dès lors qu’à un mouvement plus rapide de la Lune devrait correspondre une diminution dans la distance de l’astre à la Terre, qu’à une augmentation indéfinie de vitesse correspondrait une diminution indéfinie de la distance. De sorte qu’en dernière analyse, la Lune serait venue se poser sur la Terre, événement qui eût été accompagné d’épouvantables révolutions physiques.

Les astronomes discutèrent beaucoup, vers le milieu du siècle dernier, ces conséquences de l’accélération observée dans le mouvement de la Lune. Heureusement le public n’en fut informé qu’à l’époque où de Laplace eut démontré théoriquement que l’accélération sera renfermée dans des limites fort restreintes, et qu’elle sera suivie à une époque plus ou moins éloignée d’un mouvement graduellement retardé.

Ce résultat de l’illustre géomètre a permis de prouver que la température générale de la Terre n’a pas varié d’un centième de degré dans l’intervalle de 2 000 ans !