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Page:Arago - Œuvres complètes de François Arago, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences - Astronomie populaire, tome 3.djvu/39

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dans laquelle on plaça l’immortel vieillard de se parjurer et de déclarer, avec les formes les plus respectables qu’on pût trouver, qu’il tenait pour fausse une doctrine dont ses profondes études lui avaient démontré la vérité ! Il n’est pas de torture physique plus cruelle que la torture morale qui fut infligée à Galilée ; pas une âme honnête ne me démentira.

Si l’on ne devait faire une très-large part à l’âge, aux infirmités et à la situation dans laquelle on avait placé Galilée, on serait vraiment désolé de trouver dans l’acte d’abjuration qu’il souscrivit, la promesse de dénoncer au saint-office, à l’inquisiteur, ou à l’ordinaire du lieu de sa résidence, toute personne qui, à sa connaissance, serait suspecte d’hérésie.

Jordano Bruno, quelques années auparavant, avait montré une bien plus grande fermeté, en s’écriant devant le bûcher qui devait le consumer : « La sentence que vous venez de me lire, prononcée au nom d’un Dieu de miséricorde, vous fait peut-être plus de peur qu’à moi-même. »

Jordano Bruno avait soutenu dans des livres qui ne contribuèrent pas peu à sa condamnation par les inquisiteurs, que chaque étoile était un Soleil autour duquel circulaient des planètes semblables à la Terre. Il émit la pensée qu’il y avait dans notre système plus de planètes que nous n’en voyons, et que, si nous ne les apercevions pas, cela tenait à leur excessive petitesse et à leur grand éloignement de la Terre.

En 1737, un siècle environ après l’odieux procès qui marquera d’un stigmate indélébile le tribunal au nom du-