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Le meilleur exemple que nous puissions donner de cette méthode est celui de la mesure de la méridienne de France, faite par Delambre et Méchain, de Dunkerque à Barcelone, que M. Biot et moi nous avons prolongée en Espagne jusqu’à la petite île de Formentera pendant les années 1806 à 1808 et que j’ai concouru également en 1821 à rattacher à la belle triangulation anglaise, de concert avec MM. Colby, Kater et Mathieu. Les figures 275 à 286 représentent les triangles qui ont été mesurés pour effectuer cette grande entreprise dont nous avons déjà raconté l’histoire (chap. ii, p. 11) ; dans la figure 275 on voit les triangles qui relient l’observatoire de Greenwich qui forme la tête de l’arc mesuré, à Dunkerque placé sur la méridienne passant par le Panthéon à Paris. L’arc de Montjouy, près de Barcelone, jusqu’à Formentera, est presque tout entier sur la mer. On l’a mesuré en prolongeant (fig. 284, 285 et 286) une suite de triangles sur la côte d’Espagne, depuis Barcelone jusqu’au royaume de Valence, en joignant la côte de Valence aux îles par un immense triangle dont un côté a plus de 160 000 mètres (82 555 toises) de longueur. J’ai ajouté aux 16 triangles que M. Biot et moi avons déterminés pour remplir la mission que nous avait confiée le Bureau des longitudes, un 17e triangle qui joint géodésique ment le Clop de Galazo[1], dans l’île Mayorque, à Iviza et à Formentera (fig. 286), et j’ai obtenu ainsi la mesure d’un arc de parallèle de un degré et demi.

Nous n’avons pas à revenir sur les mesures des angles ;

  1. Voir Histoire de ma jeunesse, t. I des Œuvres et des Notices biographiques, p. 38.