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Page:Arago - Œuvres complètes de François Arago, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences - Astronomie populaire, tome 3.djvu/269

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boréales, et qui permettait de descendre dans la sphère creuse. Sir Humphry Davy et moi, nous fûmes instamment et publiquement invités par le capitaine Symmes, à entreprendre cette expédition souterraine. Telle est l’énergie de ce penchant maladif qui porte certains esprits à peupler de merveilles les espaces inconnus, sans tenir compte ni des faits acquis à la science, ni des lois universellement reconnues dans la nature. Déjà, vers la fin du xviie siècle, le célèbre Halley, dans ses Spéculations magnétiques, aurait creusé ainsi l’intérieur de la Terre : il supposait qu’un noyau, tournant librement dans cette cavité souterraine, produit les variations annuelles et diurnes de la déclinaison de l’aiguille aimantée. Ces idées, qui ne furent jamais qu’une pure fiction pour l’ingénieux Holberg, ont fait fortune de nos jours, et l’on a cherché, avec un sérieux incroyable, à leur donner une couleur scientifique. »

Il faut, dans les sciences d’observation, se méfier des conséquences exagérées des théories ; il faut prendre garde d’aller au delà des déductions légitimées par les faits bien constatés. N’est-on pas déjà arrivé à un résultat qui est suffisant pour reposer l’esprit, en démontrant par la mesure de la valeur de l’aplatissement de notre globe et par celle de la température croissante avec la profondeur, que la Terre a dû être primitivement fluide et se solidifier progressivement de la surface vers le centre, à la manière de tous les corps qui se refroidissent ? Quelles sont les méthodes qui ont permis d’obtenir l’aplatissement terrestre avec exactitude ? c’est ce qu’il nous reste maintenant à exposer.