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une détermination si importante, puisqu’elle a commencé à fixer les esprits sur les véritables distances des mondes placés çà et là dans l’immensité.


CHAPITRE III

isolement de la terre dans l’espace


En supposant que la Terre soit une planète, en la douant d’un mouvement de translation autour du Soleil et d’un mouvement de rotation sur elle-même, on admet implicitement qu’elle est isolée dans l’espace et qu’elle se soutient d’elle-même dans le vide, sans reposer sur aucun appui matériel. Mais cet isolement, en le supposant aussi extraordinaire qu’il le paraît au premier aspect, est un fait hors de question. Un voyageur qui, partant de l’Europe, marche soit à l’orient, soit à l’occident, revient au point de départ sans avoir rencontré sur sa route aucun obstacle infranchissable.

Si l’on voulait supposer, comme quelques anciens le firent, que la Terre repose sur des tourillons placés aux deux pôles, je répondrais que de tels tourillons n’existent pas, car les comètes se meuvent librement, même dans les régions polaires.

La Terre, dit-on, devrait tomber si elle était isolée dans l’espace ; mais une telle objection repose sur une généralisation mal entendue de l’idée de pesanteur, et le mot tomber n’a pas de signification, appliqué à notre globe. En effet, un corps qui tombe est celui qui, momentanément suspendu, se rapproche de la Terre lorsqu’il est abandonné à lui-même. Lorsqu’un corps tombe, tout