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sées, puisque les physiciens ont déterminé par des expériences directes la quantité dont l’air se dilate par chaque degré du thermomètre centigrade. On n’est pas, jusqu’à présent, parvenu à introduire les indications de l’hygromètre dans les méthodes qui servent à mesurer les hauteurs des montagnes ; mais il est possible de tenir compte, jusqu’à un certain point, de l’effet de la vapeur aqueuse, en augmentant, comme l’a fait Laplace, le coefficient de la dilatation qui se rapporte à l’air sec.

Le changement de température n’est pas la seule cause qui fasse dévier la densité des couches d’air superposées de la loi qui résulterait de leur seule compressibilité, car nous verrons que le poids d’un corps quelconque, et par conséquent aussi celui d’une couche d’air, est d’autant moindre que le corps est plus loin du centre de la Terre. La pesanteur des corps variant en outre, à cause de la force centrifuge qui naît du mouvement de rotation diurne, avec la latitude terrestre, il est évident que pour qu’une même formule puisse être indistinctement employée pour le calcul des observations faites dans les différents points du globe, il est indispensable qu’elle renferme la latitude du lieu de l’observation, comme élément variable.

Les causes que nous venons d’indiquer influent toutes sur la densité des diverses couches de notre atmosphère. Laplace a présenté dans la Mécanique céleste les corrections auxquelles elles donnent lieu dans la mesure des hauteurs sous leur véritable point de vue, et a déduit ainsi de la seule théorie une formule que les physiciens se sont empressés d’adopter, et dont l’exactitude a été constatée par un grand nombre d’expériences.