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plus récente, et produits par un soulèvement postérieur à celui de la chaîne, sont pour la plupart situés loin de la ligne des crêtes. Dans l’Himalaya, par exemple, cela est à ce point que la série des sommets coupe presque à angle droit l’axe général de la chaîne. C’est pour ces raisons que les cimes qui semblent menacer le ciel, et qui excitent si vivement la curiosité de tous les peuples, sont un phénomène moins important que la ligne des crêtes, dans les lieux où l’on peut déterminer avec exactitude cet effet du soulèvement terrestre sur les premières failles du globe. »

Pour les spéculations géodésiques et géologiques, la hauteur moyenne des terres au-dessus du niveau de la mer est beaucoup plus intéressante que celle des cimes culminantes, contrairement au préjugé vulgaire. En donnant successivement les tableaux des hauteurs des principales montagnes des diverses parties du globe terrestre, j’aurai donc lieu de présenter aussi un aperçu de l’exhaussement général de chaque continent au-dessus de l’Océan. J’emprunterai une grande partie des chiffres que je citerai bientôt aux nombreux travaux que M. de Humboldt a publiés sur ce sujet depuis l’année 1805.

Mais avant d’aller plus loin, il faut que le lecteur comprenne comment on parvient à mesurer avec exactitude les hauteurs d’un lieu au-dessus d’un autre. En général, on rapporte toutes les hauteurs au niveau moyen des eaux de l’Océan. Deux méthodes servent à mesurer les hauteurs ; l’une dite hypsométrique consiste à mesurer une base horizontale et à prendre à chacune de ses extrémités les angles que font avec cette base et avec