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en possession de la première place dans le système des montagnes européennes, a failli la perdre à la suite d’une mesure imparfaite des sommités du mont Rose. Aujourd’hui c’est le tour du Chimborazo. Cette montagne, si célèbre par les travaux de Bouguer, de La Condamine, et surtout par ceux de M. de Humboldt, n’est pas la plus haute sommité du globe, comme on le supposait depuis tant d’années, les mesures de l’Himalaya l’ont déjà prouvé ; elle n’est pas même, à beaucoup près, la plus haute cime des Cordillères, comme l’a reconnu M. Pentland, dans un voyage très-intéressant.

La figure 249, que j’emprunte à mon illustre ami Alexandre de Humboldt, qui en a publié la première esquisse dès 1825, offre la représentation exacte des hauteurs relatives des points culminants et des crêtes moyennes des chaînes de montagnes de l’Europe, de l’Amérique et de l’Asie. Je dois ajouter les explications que donne mon ami sur cette figure d’un haut intérêt. « Ramond, dit-il, a fait remarquer le premier, à une époque où l’on n’avait mesuré encore que peu de passages dans les Alpes, que malgré la grande différence de hauteur entre le Mont-Blanc et le pic Néthou, la hauteur moyenne de la crête des Alpes est cependant inférieure à celle des Pyrénées. À mesure que l’on se familiarise davantage avec la vraie configuration de quelques chaînes très-élevées, comme les Alpes, les Pyrénées, l’Himalaya, le Caucase, les Cordillères du Mexique et de l’Amérique méridionale, on reconnaît mieux que la direction générale des chaînes dévie souvent de la ligne qui passe par les points culminants. Les points ordinairement de formation