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expériences, et on n’a même retrouvé aucun des résultats qu’il a dû obtenir. Nous avons pu, M. Biot et moi, venir à bout de ce travail, en étendant nos recherches à un très-grand nombre de gaz et de vapeurs. Nous nous sommes servis, du reste, du prisme à angle extrêmement ouvert de Borda. Nous avons retrouvé le même coefficient que Delambre avait déduit d’un grand nombre d’observations de Piazzi et de plusieurs centaines de hauteurs du Soleil qu’il avait observées à Bourges, depuis 70° jusqu’à 90° 20′ de distance au zénith. Cette confirmation a donné une grande confiance aux astronomes dans les tables des réfractions calculées par les formules que Laplace a établies dans le tome iv de la Mécanique céleste, d’après l’hypothèse d’une disposition uniforme des diverses couches d’air superposées, formules dans lesquelles il restait à trouver le coefficient relatif au pouvoir réfringent de l’air. Ce pouvoir réfringent est, il est vrai, déterminé dans l’hypothèse où l’air atmosphérique ne contiendrait que de l’oxygène et de l’azote. Or, on sait que, si le rapport de ces deux gaz reste constant en tous temps, en tous lieux et à toutes les hauteurs, de 79,10 pour l’azote à 20,90 pour l’oxygène, il y a en outre dans l’atmosphère de 4 à 6 dix millièmes d’acide carbonique et une quantité incessamment variable de vapeur d’eau. Mais les expériences que M. Biot et moi avons faites démontrent que le pouvoir réfringent de la vapeur d’eau diffère assez peu de celui de l’air proprement dit, pour qu’on puisse négliger, en général, la correction qui dépendrait de l’état hygrométrique de l’atmosphère au moment de l’observation. On n’a besoin de tenir compte que de